neQtar réussit l’exploit de promouvoir tout à la fois l’économie locale, la défense des petits producteurs, la permaculture et la consommation responsable. Rencontre avec Oihan, le fondateur de cette start-up d’un nouveau genre…

Comment t’est venue l’idée de neQtar ?

Pour la petite histoire, l’été dernier je cherchais une idée dans laquelle j’allais enfin investir toute mon énergie, et c’est au 13h de Delahousse qu’elle est devenue évidente.

Une petite parenthèse tout d’abord, à ce moment-là je viens de quitter le monde de la vente et du prêt-à-porter, pour faire comme ces amis qui me challengent, avec leur start-up en archi, ou leur parcours de freelance en tant que graphiste. Pour ma part, je suis designer de formation, et cherchais avant tout un projet dans l’UX design. Ce dimanche midi, sur France 2 je regardais donc Laurent Delahousse, et c’est là, bingo, que le projet a fleuri. On y voyait le couple Bourguignon, des anciens chercheurs de l’INRA reconvertis depuis 30 ans en spécialistes de la « revitalisation » des sols agricoles en France. L’équipe les suivait parcourant la France pour répondre aux détresses de ces agriculteurs, dévastés par les revers de l’agriculture intensive et phytosanitaire. Certains expliquaient même avoir quasiment perdu et rendu stériles leurs terres qui se lèguent de père en fils depuis de nombreuses générations.

Triste.

Loin du pessimisme, ils arrivent tout de même par leurs recherches à faire repartir la vie dans les sols, et renaître de l’espoir auprès de ces agriculteurs. Ils établissent des diagnostics et des prescriptions propres à chaque lieu, pour soigner les sols et permettre aux plantes de pousser à nouveau sans intrants chimiques ni super-OGM. C’est ce que l’on nomme aujourd’hui l’agroécologie. Ce reportage d’une trentaine de minutes a été une révélation, celle que le nouveau chantier se situe là, sous terre.
Aujourd’hui, les permaculteurs sont quasiment autosuffisants, voir excédants en nourriture, et se financent en enseignant la permaculture aux prochains néo-paysans. Ils méritent tous bien plus encore pour leur passion et leurs bienfaits sur notre environnement. Alors pourquoi ne pas concevoir un circuit économique qui valoriserait enfin ces néo-paysans ?

Voilà la mission de neQtar.

 

>> Revoir le reportage « Soigneurs de terres » sur le couple Bourguignon <<

 

Dis-nous en plus sur les différentes dimensions du projet !

Le cœur du problème, comme souvent c’est l’argent. L’argent mais pas seulement, ici il est intrinsèquement lié à l’éthique. Aujourd’hui on a tellement de choix niveau applications mobiles ou concept store qu’on ne sait plus où donner de la tête. D’un côté on bénéficie par adhésion à de bons produits, de l’autre on se fait livrer en préférant ne pas penser au contexte sociale auquel on participe.
Toutes ces questions et les remarques qui me sont remontées ont façonnées ce qu’est le projet aujourd’hui.
Neqtar c’est ainsi la plateforme web qui regroupe le meilleur des produits locaux, de saison et extra-frais, absolument tous issus de cultures agro-écologiques. On expérimente une nouvelle consommation où l’on mixe digitale pour la logistique et la commande, tout en renouant avec les commerces de proximité.
Les commandes se font en 3 clics, on renseigne une adresse, un moment où l’on aimerait récupérer ses courses, et c’est parti !

On a le choix du commerçant de quartier, qui devient point relais. Vous remplissez votre panier, vous réglez et c’est tout. Vos courses attendent chez la boulangère, vous n’avez qu’à partir au travail et les récupérer sur votre trajet quotidien.
Avec neQtar c’est aussi l’ambition d’animer une communauté naissante avec toujours plus de contenus positifs, de recettes, de tutos écolos et tous ces conseils donnent confiance en l’avenir.

Et comment vois-tu les mois à venir ?

Nous avons un double objectif avec d’un côté celui de créer l’émulation, l’engouement en devenant une « love brand ». Il faut qu’une communauté se crée et se regroupe en attendant le lancement début 2018. D’un autre côté, il y a une grosse partie technique en développement.

Pour faire cette différence vis-à-vis des concurrents, il faut totalement numériser cette logistique qui participe au maintien de prix plus qu’abordables pour les clients. À ce sujet, je suis toujours à la recherche d’un CTO en tant qu’associé. Je suis actuellement inscrit à une formation du PSL Lab, spécialisé sur l’accompagnement des start-up. J’espère donc y trouver l’associé complémentaire ou la licorne codeuse qu’il me manque. Une fois l’un ou l’autre trouvé, je pourrais enfin me lancer sur une campagne de crowdfunding pour financer le lancement.

Comment coordonner tous ces permaculteurs locaux ? Y en a-t-il déjà suffisamment ?

En terme de logistique tout est déjà pensé pour coordonner ces relais, ces agriculteurs et enfin ces coursiers écologiques afin de garantir des délais d’acheminement corrects. Pour ce qui est du nombre d’agriculteurs, comme je le disais à la première question, l’idée de ce projet est de développer la permaculture et de donner envie à encore plus de paysans de rejoindre cette nouvelle ère. À terme ils ne seront plus si peu nombreux, ils deviendront la norme, tout comme l’an dernier le marché de la bio est enfin devenu un marché à part entière, et non plus une niche.

Comptes-tu développer l’activité de permaculture ?

La communauté qu’essaie de rassembler neQtar est assez transversale. Il y a autant de particuliers, de paysans, de mères de famille que d’étudiants. Les infos qui sont relayées via notre page Facebook ont autant pour sujet des recettes de saisons qu’elles servent à relayer des contenus sur les formations en permaculture.

Chez neQtar on s’occupe déjà de proposer un nouveau marché, il y a déjà énormément de professionnels, d’écoles de permacultures qui enseignent, mais on a leur contact, et n’hésitons pas à les diffuser pour faire naître l’envie de nous rejoindre, de l’autre côté de la plateforme, dans notre catalogue.

 

neQtar revient très bientôt pour une interview croisée avec Fruit Hugz !

En attendant, rendez-vous sur la page Facebook de neQtar, et répondez au questionnaire « E-commerce et agroécologie » du projet !